Alerte : "dézingage" politique pour une crise institutionnelle

La présidentielle 2017 ne ressemble à aucun autre, les 2 mois d'ici l'élection s'annoncent comme le paroxysme d'une vengeance électorale hors norme, que dis-je d'un dézingage électoral en règle. D'habitude les coups de théâtre sont orchestrés par les acteurs eux-mêmes et les rebondissements électoraux sont finalement peu fréquents. Avec les primaires nous assistons à un jeu beaucoup plus surprenant qui consiste à dégager ceux qui sont ou ont été aux manettes, ceux qui ont composés avec un appareil politique structuré. Finalement, les seuls qui peuvent être surpris, et encore, sont les hommes et femmes politiques qui n'arrivent plus à sortir le corps électoral et abstentionniste d'un sentiment du tous pourris.

Nous sommes le 6 mars, François Fillon risque à tout moment de ne plus être le candidat de la droite et un peu du centre. La droite risque de ne pas être au 2nd tour de la présidentielle.

L'important n'est pourtant pas là. L'important c'est que nous avons perdu dans la tempête médiatique le cap d'une campagne, le cap de l'élection pour ne vivre qu'en direct un feuilleton à la hauteur de séries télévisées. Car nous spectateurs nous oscillons entre dégoût et fascination. Le dégoût de cette campagne tellement nécessaire et gâchée par les "affaires" et la fascination de voir un système sous nos yeux s'effondrer.

La Vème République était à bout de souffle. A presque 60 ans, c'est, après la 3ème République, la plus longue séquence constitutionnelle de notre démocratie. Pas étonnant, alors que le monde change à une vitesse jamais vue, que la Vème conçue pour la rencontre d'un homme et d'un peuple ne puisse pas fonctionner alors que le peuple n'a jamais été aussi fragmenté, segmenté par des aspirations différentes, qu'une majorité électorale illusoire ne supporte plus les blocages minoritaires parfois légitimes.

Dans cette crise, il faut des hommes et des femmes qui voient le changement, des hommes et des femmes qui réussissent dans une transition entre une Vème et une VIème République.

Le dézingage politique se poursuivra : soif de renouvellement, soif de destruction, c'est une folie collective qui s'empare des populations ici ou ailleurs parce que les problèmes de fonds,le chômage, la fiscalité, l'enseignement, les inégalité, les injustices se creusent de plus en plus.
Et quand les peuples confient le pouvoir à de nouveaux ploutocrates, qui pour défendre les plus pauvres du pays accuse les voisins pauvres d'être la cause des problèmes c'est un cauchemar.

Les démocraties ont vocation a élevé les peuples, nous assisterons très certainement à l'élection d'un président ou d'une présidente qui n'aura pas de majorité absolue, ni même relative, à l'issue des élections législatives. Ce serait une première. Ce serait la confirmation d'une crise constitutionnelle hors norme. Comment alors gouverner quand un président serait élu sur un programme et qu'il faudra par la suite négocier des alliances et donc le programme du président. Qui est alors le chef du gouvernement ? Comment vont évoluer les partis traditionnels ? Les fractures sont de plus en plus grandes au sein même des partis, je ne parle pas là de la diversité de courant, de diversité sociétale, je parle de fractures fondamentales sur le rôle de l'état, la place de l'Europe, la lutte contre les inégalités, la place de la démocratie.

Je n'ai pas de certitudes, mais la conviction profonde que cette présidentielle et ces affaires ne sont que les prémices d'une crise institutionnelle et sociale qu'il faut prendre à bras le corps, que les candidats doivent nécessairement envisagés en tenant compte que pendant la révision contsitutionnelle il faudra aussi gouverner pour réduire les fractures sociales et économiques.







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