Visa d'or : les migrants "récompensés", Aris Messinis un humaniste récompensé

Aris Messinis (AFP) - Scènes de guerre en zone de paix
Visa pour l'image s'est terminée par la remise d'un visa d'or au photographe Aris Messinis, si l'on en croit le journal le monde (car non, je ne me suis toujours pas rendu au célèbre festival de photo journalisme) cf : article du Monde.
Aris Messinis est photographe pour l'AFP, les coulisses de son travail sont publiées ici : https://making-of.afp.com/scenes-de-guerre-en-zone-de-paix et le thème des reportages concerne les migrants qui arrivent en particulier sur l'île de Lesbos, dont les 4 photos sont présentées dans cet article.
Aris Messinis - Scènes de guerre en zone de paix


Aris Messinis - Scènes de guerre en zone de paix

Cette actualité fait écho à la publication il y a un an de la photo du petit Alyan qui avait marqué l'opinion (cf article du Figaro)  et provoquer sous forme de feu de paille un élan appelant à l'accueil des réfugiés.
En fait mon expérience a montré très vite qu'il y a un refus, une peur qui s'est emparée, y compris dans des villages loin de ces évènements, de faire face au problème, d'en parler même, d'évoquer ne serait-ce qu'une action positive envers les migrants, amenant, on l'a vu aussi dans la presse certains à mettre en compétition l'accueil de migrants avec l'accueil des SDF ou le logement des personnes pauvres.

Cela n’amène à plusieurs réflexions, car le sujet est politique et doit être traité et discuté prioritairement, surtout que si les journalistes abordent à mon sens bien les diverses difficultés, le politique s'en tient trop souvent à une posture d'opinion.

Car malgré tous ces traitements, l'opinion publique et politique semble atone, sauf peut être à Calais qui vit "pleinement" les difficultés de la jungle. Là-bas, la demande est simple : démanteler la jungle.

Aris Messinis - Scènes de guerre en zone de paix
Et pour beaucoup effectivement la solution est simple : fermons les frontières, fermons les camps. Mais fermer les frontières c'est mettre la tête dans le sable (ou se cacher derrière son parapluie) pour ignorer le problème. Evidemment cela nous pose des problèmes et nous en posera encore car à ne rien organiser c'est le chaos que nous entretenons.
On le voit aujourd'hui avec la jungle, les réactions, les créations de centre d'orientation et de traitement et les centres d'hébergement sont largement insuffisants (mais ils ont le mérite d'exister).
C'est un sujet sur lequel il ne peut pas y avoir de consensus, mais c'est un sujet qui ne peut pas être un sujet de posture idéologique ou de calcul politique. Au-delà des émotions que peuvent susciter les photographies, ce sont les questions fondamentales de nos valeurs qui sont engagées.

L'humanisme ne fonctionne pas seulement sur les émotions.Le politique doit certes en tenir compte, mais nous nous devons de prendre le recul nécessaire dans la gestion au quotidien de notre rapport à l'humanité.
Est-ce humain de laisser des populations dans des zones de guerre ? Est-ce humain de cantonner des millions de gens dans des camps sans tenter de les aider à préparer un avenir ? Est-ce humain que de laisser des milliers de gens errer sans les orienter ? Est-ce humain de fermer les frontières pour déplacer le problème, rendre les traversées de plus en plus difficiles et de plus en plus meurtrières ?

Evidemment non. Nous protestons dès qu'une réponse tarde à venir dans notre vie quotidienne, mais nous sommes prêts à laisser des centaines de milliers de gens sans réponse, sans solution.

Evidemment cela à un coût. Evidemment cela induit des tracas pour les riverains, et parfois des menaces. Mais tout comme nous n'avons jamais réellement pris à bras le corps les difficultés des banlieues et du développement du radicalisme dans des quartiers pourtant bien identifiés, nous créerons, à ne pas vouloir traiter le problème migratoire, de nouvelles tensions, des rancœurs, des exclusions et des zones de non droit.

Ainsi je n'ai pas été surpris de savoir que le tribunal administratif de Lille a rejeté la demande des fermetures des "commerces" de la jungle. Certes ces commerces sont très certainement illégaux (de toute façon sans adresse officielle impossible de créer une entreprise il faut une attestation de domiciliation soit à son domicile soit par une promesse de bail), mais imaginez une zone de 9 à 10.000 habitants sans commerce. Et puis sans papier officiel... sans statut officiel, vous n'existez pas, autant dire que cela va à l'encontre de toute humanité.

Lisez, lisez le témoignage d'Aris Messinis, il est justement plein d'humanité en voici deux extraits :

"Cette affaire m'a fait regarder ma propre vie différemment. Quand on voit des choses comme ça quotidiennement, on se rend compte de la chance qu'on a d'être né et d'habiter en Occident."...

..."Personne ne me l'a jamais dit en face, mais parfois je sens comme un non-dit de la part de certains collègues, quand je pose mon appareil et que je commence à aider. Que je ne devrais pas faire cela, parce que ce n'est pas mon travail, et que je vais peut-être rater une bonne image. "

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