Faire de la politique sans étiquette #2 : une primaire citoyenne

Chronique de fin de la 5ème République #3
#Politique #sansétiquette #démocratie #laprimairedesfrançais

J'entendais encore ce matin les propos d'un Sarkozy qui assénait que dire qu'il n'y a plus ni gauche ni droite c'est faire le jeu des extrêmes.

Evidemment, il défend sa boutique et son fond de commerce. J'écrivais déjà en 2013 dans "Faire de la politique sans étiquette : le république 2.0" que les français sont fatigués des professionnels de la politique qui finalement ne défendent plus (suffisamment) les intérêts des français.

Je ne nie pas le fait d'avoir en politique des personnalités et du personnel qui fasse carrière, mais le système aujourd'hui ne fonctionne quasiment qu'avec des gens qui vivent dans ce système de carrière politique. Et vivre dans un système de parti ne permet pas ou plus de redéployer une démocratie participative, il faut parfois voter sans conviction, et surtout cela prive les citoyens d'exprimer par des votations leurs choix.

Comme beaucoup je ne suis ni de gauche ni de droite, je ne comprends plus la logique de mondialisation ni celle de la financiarisation de l'économie. Je ne crois plus dans le système politique actuel, ni d'ailleurs dans le système économique, je n'aime pas la chape de plomb qui s'installe.

Je comprends pourquoi les extrêmes montent. Ce n'est pas en créant des clivages gauche / droite artificiels que nous allons contenir et faire refluer cette montée.
Non, le mal est plus grand, il est présent en France mais aussi dans de nombreux pays dans le monde.

Tout d'abord il y a la fin de l'espoir. L'espoir d'une vie meilleure, d'une progression tangible pour le citoyen d'une amélioration globale des conditions de vie. Nous avons grandi dans une Europe sociale démocrate, une forme d'exception dans le monde. Et quand la fin de l'histoire, celle de la guerre froide, la fin du monde bi-polaire est arrivé, alors le monde entier s'est ouvert. Aujourd'hui le monde compte environ 50% de démocraties (48,4% de la population) et 50% de régimes dits hybrides et autoritaires (51,6% de la population). Le verre est donc à moitié plein ou à moitié vide. la crise financière le déclassement d'une partie de la population en Europe de l'Ouest ou USA sont des facteurs de la montée d'une nouvelle forme de populisme qui finalement ne considère plus la démocratie comme prioritaire, ce qui devient prioritaire c'est son statut social et son pouvoir d'achat.

2015 Democracy Index

Cela va même au-delà. Dans la complexité des systèmes sociaux démocrates, les classes intermédiaires sont celles qui sont à la fois soumises aux prélèvements les plus importants, et celles qui sont le plus sujettes à déclassement sans pour autant réussir à monter en richesse, alors que dans le même temps les riches concentrent de plus en plus les richesses. Et ces classes intermédiaires ne supportent ni les "assistés", ni les ultra riches. Ils voient donc dans les extrêmes, et en particulier dans le FN une alternative électorale propre à répondre à leurs attentes déçues par Nicolas Sarkozy ("travailler plus pour gagner plus") ou François Hollande ("mon ennemi c'est la finance").

Changer le monde par de l'action locale, via le mouvement associatif, l'économie alternative, l'engagement citoyen, reste donc une alternative pour faire évoluer la société. Mais cela n'est pas, n'est plus suffisant.

De nombreux mouvements se sont créés pour essayer de développer des alternatives, de nombreuses personnalités s'essayent à cela, où sont poussées dans la course à la présidentielle.

L’initiative de Macron répond à cette attente, Nicolas Hulot l'a déjà essayé avec son pacte écologique.

La primaire des français, primaire citoyenne portée par différents mouvements citoyens dont ceux présidés par Jean-Marie Cavada, Corinne Lepage ou encore le très bouillonnant Alexandre Jardin apporte une nouvelle méthode qui intègre évidemment internet et les réseaux sociaux pour d'une part fonctionner sur une pétition pour mettre en oeuvre une primaire ouverte et compter les personnes intéressées (et occuper un peu l'espace médiatique évidemment), un site de candidature par lequel chacun peut faire campagne pour obtenir des soutiens qui valideront les candidats, et enfin du financement participatif.

Je crois que l'intérêt de cette démarche est de pouvoir sortir du carcan politique et de sortir du débat gauche / droite artificel. En effet la méthode permet de s'affranchir des partis, elle ouvre de nouvelles perspectives dans la construction d'une vision pour la France et l'Europe. Elle offre aussi un tremplin pour faire entrer de nouvelles personnes, femmes et hommes, dans la vie politique locale, régionale et nationale issues de la société civiles et qui n'ont pour ambition que le changement et non pas un mandat "professionnel".

A un an de la présidentielle, plus que jamais, faire de la politique sans étiquette à #Nuitdebout ou via #laprimairedesfrançais c'est travailler à réinventer la France à la fois en tenant compte des évolutions sociétales liées au choc numérique, au développement des sciences du vivant en lien avec le numérique, à la mondialisation et à la relation entre multinationales et états, c'est repenser aussi l'Europe dans ses relations avec les pays et nations européennes et avec le monde.
Dans tous les cas l'absence d'un candidat issu de la société civile au premier tour de la présidentielle pèsera plus que jamais dans l'élection ou non d'un candidat populiste et la montée inéluctable de son parti.

En attendant chacun peut faire campagne... ça vous dit ?
Et en savoir plus sur:

  • https://laprimaire.org/
  • et en vidéo le reportage de l'AFP




Et en savoir plus sur https://laprimaire.org/


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