1ère Nuit Debout à Alès le 40 mars

Chronique de fin de la 5ème République #2
#Alès #Nuitdebout #40mars 

"La parole est l'ombre de l'action" - De Démocrite


Samedi soir se tenait la première nuit debout Alésienne. Autant dire que ma curiosité m'a amené dès 21h00 devant l’hôtel de ville. Entre 150 et 200 personnes sont passées, d'abord pour assister à la projection d'un film puis pour s'exprimer. Évacuons le film qui, s'il a le mérite de faire réagir, présentait une vision trop noire ou trop caricaturale de la société à mon goût. Par contre les thématiques abordées sont celles qui nous préoccupent : accès à la nourriture, travail ou servitude, liberté et démocratie, argent et consommation, climat, etc.



Nous sommes à Alès, loin, loin des grandes villes et et de l'effervescence qu'il peut y avoir. Mais la démarche répond à un besoin fort des personnes présentes de s'exprimer ou de venir écouter. Étonnamment peu d'étudiants ou lycéens, alors que le mouvement parisien est fortement ancré chez les moins de 25 ans. 

Et cette démarche interroge. Car on ressent cette nécessité, cette vitalité de parler, d'être entendu et d'échanger. Il manque encore de diversité dans la petite foule présente, mais on y retrouve une agora et l'envie de plus de démocratie directe et participative. C'est aussi le besoin de rêver et de construire un monde plus juste, avec sa part d'utopie, et sa part de réalité. 

Souvenez-vous du référendum sur le traité constitutionnel européen, tout le monde discutait de ce sujet, débattait et échangeait car c'était construire ou non l'Europe intégrée. Et on ressent bien ce même besoin de discuter. Avec une interrogation forte sur la recherche ou non du consensus, sur la régulation des différences.  La différence notable réside dans la volonté de certains participants d'écrire un projet d'avenir plutôt que de laisser les autres proposer un avenir auquel nous n'adhérons pas forcément.

Qu'en restera-t-il ? Quelles évolutions pour ce mouvement ?

Pour le moment il me semble que ce mouvement répond à une réalité sociale forte, celle des exclus ou de ceux qui se sentent exclus du système par choix ou accident, par l'âge ou l'origine, par le chômage ou la vie autrement. Ceux qui sont coupés du système en somme. Il peut s'élargir car le mouvement n'est pas fermé et n'a pas de porte parole. Il peut aussi se déliter sur Alès, s'il ne trouve pas plus de participants.

Sans doute le mouvement alésien étant tout neuf, il n'a pas attiré encore suffisamment pour être renouveler chaque nuit. D'ailleurs il n'a pas fait l'objet d'article, alors qu'à Nîmes le mouvement est déjà installé et connu. 

A suivre donc, pour écouter ou parler, tous les soirs à partir du dimanche "41 mars" à 18h00 place de l'Hotel de ville, ce qui rendra le mouvement sans doute plus accessible.


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