Réfugiés : #notafraid

 Des baobabs qui envahissent notre petite planète, celui des migrations, en particulier issues d'Afrique et Moyen-Orient n'est pas le moindre. Les attentats ont éclipsé l'urgence humanitaire nécessaire pour faire face aux flux dus à la guerre enSyrie et Irak.

Arr.iving in Europe, refugees find chaos as well as kindness - photo UNHCR/Prickett

Cette crise nous oblige à regarder en face, nos problèmes et à les surmonter. Il n'y pas de doute, la peur, le chômage, la dette, les difficultés économiques de nos pays, sont des enjeux que nous n'avons pas su encore dépasser et surmonter. Chacun ira de sa tirade en montrant du doigt tel et tel fautif. Inutile et surtout cela n'apporte pas de solution. 

Pour cela il faut sortir du jeu émotionnel qui est l'apanage des politiques pour mettre en perspective la situation actuelle. D'un côté une guerre au Moyen-Orient qui provoque des déplacements massifs de population. Avant les attentats du 13/11 ce sujet mettait en débat les pro et contre "accueil des réfugiés". Depuis ce débat est clos par une sorte de peur d'être considéré comme irresponsable si l'on est favorable à l'accueil de réfugiés. 

Pourtant ces exilés sont victimes de la guerre, et le nombre de morts pour 2015 dans ces migrations dépasse les 2000 morts. La différence c'est qu'ils sont invisibles pour nous. Et même si des terroristes ont réussi à passer sans grande difficulté, ce n'est certainement pas la problématique de l'accueil qui doit être poser, mais celui des moyens mis en place pour recenser, contrôler et accueillir ces enfants, femmes et hommes. 

La carte ci-dessous montre les flux actuels (d'après les données de l'UNHCR). Les camps d'accueil en Jordanie, en Irak, en Turquie et au Liban sont aujourd'hui à saturation. En Jordanie la population de 5 millions de personnes accueille plus d'un million de réfugiés. Autant dire que Calais n'est qu'une épine en comparaison.


Les attentats du 13 novembre ont cristallisé l'opinion sur la sécurité. Les migrations sont subies comme des menaces et les frontières se ferment pour éviter le chaos en particulier dans les Balkans. Mais cela n'a pas de sens, car refouler les migrants qui fuient la guerre, c'est mettre de l'huile sur le feu, ajouter de la misère à la misère, c'est créer de l’insécurité supplémentaire.

Il n'y a pas de solution miracle. Il n'y a pas de solution satisfaisante. Mais il y a des solutions qui sont humaines, même si elles créent ponctuellement des désordres, et enfin il y a des solutions qui sont honteuses, celles-là je n'en parle pas n'osant croire qu'elles seront mises en place.

La seule solution pérenne demeure le rétablissement de la paix dans les zones de guerre syriennes et irakiennes, soudanaise, et érythréenne et j'en oublie.

En attendant les mots s'affichent peut être en mots dièses #notafraid ou #mêmepaspeur, la réalité sécuritaire pour l'instant l'emporte. La réalité aussi de la préférence nationale qui est revendiquée par certain pour dire que nous ne pouvons pas les accueillir. Cela est maladroit, nous nous devons de les accueillir. Pour eux, pour nous. 

A quelques jours des élections régionales, à deux semaines d'un nouveau choc possible avec l'arrivée aux commandes de deux régions françaises de deux Le Pen, ce débat ne doit pas être occulté, il ne doit pas tomber non plus dans le délire sécuritaire.

Les réfugiés ne doivent pas nous faire peur, ce qui doit nous faire peur c'est le repli sur soi.


   

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