Le piège de la dette

Les économies européennes sont plombées, comme celle du Japon par une dette dont personne ne sait réellement aujourd'hui comment en sortir. La faute dit-on chaque jour à la croissance, n'en déplaise aux tenants de la décroissance, qui n'est pas suffisante pour créer des emplois.

Moins de croissance, plus de chômage, moins de rentrées fiscales, plus de déficit, plus d'impôts moins de pouvoir d'achat, moins de consommation, moins de croissance... le schéma peut varier mais dans l'ensemble il reste assez stable. En effet la dette de la France, en particulier, se creuse du fait des déficits de l'assurance maladie et vieillesse.

Les présidents changent la dette augmente
Depuis 1978 la dette n'a fait qu'augmenter. En % de PIB il y a bien eu une baisse entre 1998 et 2002 de 2,5 points, mais en valeur absolue elle est passée de 787 milliards d'€uros à 912 milliard d'€uros Autant donc le dire la dette en valeur absolue augmente, augmente, augmente.

En 2012, avec plus de 1800 milliards d'€uros, (1950 milliards en 2013) le double d'il y a 10 ans, la France a passé un cap qui semble difficilement redressable. Les marges de manœuvre sont réduites, le niveau des impôts et des prélèvements sociaux est au taquet, la TVA peut bouger de quelques points mais peut freiner la consommation des ménages principal moteur de la croissance française.

L'économie française nécessite tout d'abord de rendre les entreprises compétitives et armées pour s'internationaliser. Si l'on doit faire un constat, et Oséo l'a fait dans une étude sur les entreprises innovantes (pdf au bout du lien), les sociétés qui ne connaissent pas la crise réunissent trois facteurs clé de succès :
  • internationalisation
  • innovation (pas seulement technologique)
  • ouverture du capital à des tiers (mais pas forcément à des financiers)

Cela ne concerne donc qu'une minorité d'entreprises. Les autres font ce qu'elles peuvent avec des marges souvent réduites car elles font face à la concurrence et doivent supporter des charges et prélèvements qui sont difficiles à assumer en temps de croissance zéro ou molle.

Les charges reposent beaucoup trop sur les fruits du travail. Rappelons que la France cumule pour les entreprises : 

  • un salaire minimum
  • pour 1 euro net perçu en salaire, 1 euro est collecté directement auprès des salariés et entreprises en charge
  • un temps de travail parmi les plus bas du monde
  • un âge légal de départ à la retraite qui est le plus jeune
  • une durée de cotisation pour la retraite des plus courtes en Europe
  • une législation du travail titanesque
  • des conventions collectives dédiées aux grosses entreprises sans réalités avec les petites entreprises

Certes nous pouvons créer une entreprise très rapidement, mais la fiscalité est telle qu'elle pénalise toute initiative, que ce soit pour les plus pauvres ou les plus riches en passant par les classes moyennes. avec 90% du PIB en dette et 58% de prélèvements les marges de manœuvre sont aujourd'hui quasiment nulles et les incitations trop faibles.

Ainsi pour réduire la dette deux politiques concomitantes devraient être mises en place :

  • d'une part une réduction des charges pesant sur les salaires (dont une partie sans transferts sur d'autres taxes ou contributions) 
  • d'autre part une politique plus inflationniste de la Banque Centrale Européenne permettant de réduire artificiellement la dette, comme vont le faire les USA et le Japon.

La réduction des charges passe par au moins trois axes de travail : 

  • une réduction des charges directes sur la part patronale pour la plus grande partie pour donner du souffle et de la compétitivité aux entreprises
  • une réduction du mille-feuille administratif qui au lieu de s'alléger s'épaissit (Commune, Communautés de Communes / Agglomération, Pays, Métropoles, Département, Région, Etat, Europe). Il semble nécessaire de passer à une composition plus simple en 4 strates : Communauté de Communes / Agglomération (les communes ne sont alors que des "arrondissements" électoraux), Région, Etat, Europe. Cela permet de simplifier les impositions et les systèmes d'intervention
  • Une refonte du système de prélèvements pour simplifier la feuille de paye
Enfin pour réellement désendetter la France le gouvernement doit mettre en place un budget qui prend en compte un taux de croissance de 0%, quelques soient les prévisions. Ainsi toute croissance viendra désendetter le pays un peu plus, alors qu'aujourd'hui à chaque budget la prévision de croissance est supérieure à la réalité ce qui tronque à les recettes et donc nos équilibres financiers.

Malheureusement, l'écoute au sein des ministères fonctionne bien mieux sur les petites phrases et les jeux de la politique que sur les demandes et attentes des entrepreneurs et des salariés, laissant place à la contestation et au mécontentement, car l'absence de croissance depuis 2008 rend chaque jour les extrêmes plus fort, et le piège se refermera.


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