Présidentielle 2012 : les programmes chiffrés en question

Le chiffrage des programmes des 5 principaux candidats mérite d'être regardés à la fois dans leur forme et à la fois sur le fond. Il n'est pas question de prendre ligne par ligne chaque programme pour les comparer mais plutôt de comparer chaque chiffrage.

Pour cette "mini-étude" je me suis basé sur les chiffres présentés par chacun des candidats dans leurs programmes ou sites internet par ordre alphabétique : 


Autant le dire, c'est pas de la tarte. Chez Le Pen le tableau excel est indigeste, chez Mélenchon faut chercher le chiffrage et chez Bayrou c'est le chapitre 1 du programme.

En 2007 le principal reproche que j'avais fait concernait les prévisions de croissance sur lesquelles étaient basées les budgets. Forcément faux puisqu'ils partaient pour Royal et Sarkozy à 2,5%. 

En 2012: 

  • Bayrou part du principe qu'il faut réduire la dépense en restant à budget constant en 2013 et 2014. Un coût de rabot sur les "niches" fiscales de 15% est prévu ainsi qu'une augmentationd e la TVA de 1%. Côté recettes il est même prévu que si la croissance n'est pas au rendez-vous en 2014 d'ajuster la TVA ou la CSG. 
  • Hollande démarre d'une croissance réaliste en 2012 de 0,5% puis (par magie?) on passe à 1,7% en 2013 puis à 2% en 2014. Hollande chiffre ses objectifs par les indicateurs macro diminution de la dépense publique de 56.5% en 2012 à 53,9% en 2017 et augmentation des prélèvements obligatoires de 45,1 à 46,9% en 5 ans. L'endettement passe de 88 à 80% en 5 ans autant dire que la crise des marchés sera au dessus de nos têtes encore longtemps...
  • Le Pen propose des hypothèses de croissance à 0% en 2012 à 2,8% en 2017, bon le tableau est illisible, l'effort est salutaire, mais on y comprend rien ! 
  • Mélenchon, qui m'engueule via l'un de ses supporter (cf commentaires dans le message http://yrichecoffee.blogspot.fr/2012/04/melenchon-15-la-dynamique-des-illusions.html) je suis touché, sincèrement, publie en dehors de son programme un chiffrage qui compile les recettes et les dépenses avec une stratégie : plus de recettes (ou moins de dépenses) que de nouvelles dépenses. Mais aucun objectif à atteindre en terme de réductions de déficits et de dettes. 
  • Sarkozy, le dernier à présenter son programme, fait dans le mieux disant. Chaque proposition est chiffrée, et les objectifs sont compilés dans un tableau de bord qui prévoit une réduction de la dépense publique de 55,8 en 2012 à 51,9% en 2017 (nota François Hollande écrit que la part de la dépense publique est en 2012 à 56,5%) et les prélèvements obligatoires passent de 44,6 à 45,6%.
Cet ensemble est relativement intéressant. D'un côté il y a la gauche qui vise à augmenter les prélèvements et à réduire la dépense publique, de l'autre, la droite qui augmente moins les prélèvements (sur le papier) et diminue plus la dépense publique. Le Modem propose d'équilibrer entre recettes et en dépenses à 50 milliards de chaque côté.

L'objectif d'équilibre budgétaire est fixé par : 
  • Bayrou à 2016
  • Hollande à 2017
  • Mélenchon à ? - si un FDG a la réponse je le rajoute...
  • Le Pen à 2017
  • Sarkozy à 2016
Que faut-il en retenir ?

Tout d'abord il serait intéressant que chacun ait le même tableau de bord (c'est le cas surtout entre Hollande et Sarkozy) afin de pouvoir effectuer des comparaisons en particulier sur les seuls indicateurs intéressants : le déficit budgétaire, le poids de la dette, le taux de prélèvements obligatoires, la part des dépenses publiques dans le PIB et enfin la prévision de croissance.  

A cela il faut ensuite cherche la cohérence d'un programme. Et soyons clairs, autant la prévision de l'année à venir est plus ou moins réaliste autant le reste n'est accessible que si la première année est conforme aux prévisions. Néanmoins comme dans les plans d'affaire des entreprises, cela donne une direction pour le pays.

En terme de cohérence de programme chacun doit faire son choix. 
La vision du FN est une vision que je ne peux pas partager. Le fait que les jeunes de 18 à 24 ans soient 25% à soutenir la candidate du FN ne me rassure pas du tout sur la santé de la France et des espoirs d'une jeunesse qui finalement petit à petit oublie l'histoire (ne connait pas l'histoire).

La vision du Front de Gauche repose elle aussi sur une exaspération forte que je comprends. Mais elle n'apporte pas de solution plus réaliste. Je vais encore passer pour un ennemi du FDG. Le principal reproche que l'on doit faire est que le FDG s'affranchit dans tout son raisonnement du poids de la dette et des déficits. Il ne s'agit pas d'être pour ou contre la règle d'or, mais comme je l'écrivais dans un article sur la tragédie de la Grèce moderne de savoir si l'on choisi de faire les efforts volontairement ou bien sous la contrainte. Le Front de Gauche fait le choix de Mitterrand en 1981 avant qu'il ne change d'orientation en 1983. 

Sarkozy comme en 2007 propose un catalogue de 32 propositions qui ne donnent pas de vision de l'avenir, rien à l'horizon.

Hollande c'est drôle est dans le "60 je veux", autant dire que le partage n'est pas son fort.

Enfin, Bayrou présente comme en 2007 le programme le plus cohérent dans sa logique de libérer la France du risque de "faillite", et même si certains points ne sont pas assez développés ou si certains sujets sont traités un peu vite, il y a au moins une vision du cap à prendre.



Commentaires

  1. Rétrospectivement d'accord ! Et, n'étant pas venu depuis un moment : bravo pour le contenu comme pour l'esthétique de ce blog.

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  2. Merci Frédéric, écriture restreinte, temps raccourci, mais toujours le même plaisir d'essayer de faire bien.

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