Colère auprès des candidats et des médias sur la présidentielle 2012

C'est une putain de campagne, c'est verdun, ça pilonne des noms d'oiseaux, ça lance des attaques contre des collines pour prendre une position française, ça donne de la voix pour encourager les frileux électeurs à se lancer dans le combat, mais rien n'y fait, la campagne s'est enlisée et les grands généraux y sont bien sûr pour quelque chose.

Chacun a bien évidemment une tactique pour gagner la bataille mais aucun n'a de vision sur la suite, aucun ne donne de projet à la France.

Les évidences sont pourtant là. Il faut mettre en place une rigueur dans notre gestion. De la rigueur et pas La Rigueur. Nos candidats sont mauvais aucun sujet de fond n'est traité : 

1- le chômage : conséquence de la crise économique et de la contraction des budgets, le chômage gangrène la démocratie, plonge dans le doute des familles entières et créée de l'insécurité sociale. 

2- la mondialisation huée par tous les extrêmes, elle pose de sérieuses questions à nos modèles sociaux et économiques. Pire internet et le commerce sans frontière ne fait que débuter. Megaupload est un aperçu de ce que peut devenir l'avenir de la consommation. Achat faits en Italie, en Chine ou aux USA tout est possible. Google utilisé ici m'impose des droits et des tribunaux Californiens, en total contradiction avec les bases du droit commercial français entre un commerçant, Google et un non commerçant (pas de numéro siret). Cela existe déjà avec des plateformes pour faire un logo, un site internet etc. 
Les portails des agences photo de type Getty image ou fotolia s'affranchissent des droits locaux et de nouveaux modèles économiques apparaissent qui changent les notions de travail et de cotisation sociale ou fiscale.
Pour autant les solutions de repli que les extrêmes sont des solutions défensives des lignes maginots qui ne résisteront pas à la folie des consommateurs. Il faut donc s'y intéresser de près et mettre en place de nouveaux modèles sociaux au risque de devoir agir comme pour la dette dans l'urgence et sous contrainte extérieure.

3- l'Europe malade d'elle même ne peut pas s'affranchir d'une révolution démocratique dans laquelle les citoyens sont plus impliqués et les représentants élus par ces citoyens.

4-L'environnement et les crises énergétiques et de matière première vont aussi nous obliger à changer nos modèles économiques. Ce n'est pas la terre que nous devons protèger, c'est l'humanité, et c'est pour cela qu'il faut protéger la terre et ses ressources.

5- Le logement, véritable inégalité sociale et scandale à la fois économique et environnemental, est laissé à l'abandon. Des mesurettes et toujours pas de changement de fond sur le droit à la propriété qui conduit à la spéculation foncière et immobilière. Les politiques ont voté un droit au logement qui n'est pas applicable, il faut sans doute réguler plus encore les marchés immobiliers et fonciers, quitte parfois à permettre aux collectivités de prendre en charge des zones pour maintenir l'agriculture ou acheter à "bas" prix des réserves foncières d'utilité publique. Autre solution la propriété à durée déterminée non transmissible.

6- La démocratie doit évoluer. Les extrêmes ont parfois raison, les citoyens ne se sentent plus représentés par leurs élus. Trop de promesses non tenues parce que non tenables et aucun contre-pouvoir autre que la protestation. La représentativité doit progresser tout comme la transparence.
Les textes de lois se multiplient mais pourquoi faire ? Pour complexifier le monde, jamais pour le simplifier, d'ailleurs est-ce possible. Doit on faire une loi pour chaque cas ou devons nous renforcer les principes et s'appuyer sur les jurisprudences.

7- L'immigration choisie de Sarkozy est devenue l'immigration mais pas ici. A force de promouvoir les sanctions aucune politique n'est mise en place pour prévenir. On traite les conséquence sans jamais traiter les causes, cela n'est pas durable, il faut traiter les deux. Pire nous accueillons des étudiants que nous chassons comme des malpropres quand ils veulent travailler emportant avec eux rancœur et compétence chez eux, double peine pour notre pays qui les a formé (cf deux émissions sur France Culture : http://www.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-la-france-tu-l-aimes-mais-tu-la-quittes-zeinab-et-le-collectif-du-31-ma et aussi http://www.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-la-france-tu-l-aimes-mais-tu-la-quittes-que-sont-ils-devenus-2012-03-06)

8- L'éducation en France souffre de son collège unique. Véritable hérésie de la politique ce système conduit les professeurs au découragement et les élèves en difficulté à l'échec.

9- La dette. Cela emmerde tout le monde mais il faut bien en parler. C'est anxiogène pas électoral pour deux sous, mais c'est une réalité qu'il faut prendre en compte. Plus la dette augmentera plus nous serons en difficulté. Annuler la dette est toujours possible mais la France n'est pas l'Argentine qui avait encore de la marge entre son statut de pays en voie de développement et de pays développé. La dette est la clé du futur. Plus nous attendons plus il sera difficile de rétablir l'économie, l'emploi et les comptes sociaux. La dette menace notre système sociale et notre système de retraites. Il faut un plan pour en sortir. L'exercice est d'autant plus délicat qu'il faut maintenir et développer de la croissance alors même que sur les 20 dernières années nous n'avons connus que 5 ans de croissance supérieure à 2,5%.

10- La culture, pire que la dette encore quand la culture s'arrête à la TNT. Une politique culturelle permet aussi de donner du sens à un pays, à une nation. Ne regarder que notre passé sans investir l'avenir culturel est une erreur de sens. Chaque candidat devrait avoir une ligne en la matière.

J'oublie je le sais de nombreux sujets sans doute importants. Je n'attends pas de catalogue à la Prévert, non ce qu'il manque ce sont des programmes qui donnent du sens et une vision de la France dans l'Europe, dans le monde. Bref du champs, de la perspective. Au contraire on nous sert des boucs émissaires, ultra capitalistes ou ultra immigrés, ultra délinquants ou ultra pollueurs. Mais pas de projet de société pour vivre ensemble.

Passons sur les médias qui s'intéressent plus aux tactiques de second tout qu'aux programmes des candidats, des questions toujours en positionnement par rapport à untel ou unetelle, bref, le fond est pauvre, la forme n'est pas terrible et l'abstention n'en sera que plus grande.

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