Une Europe sans capitaine

La crise qui touche les pays occidentaux et le Japon est une crise dont les opinions publiques prennent peu à peu conscience que ce sont leurs modes de vie et de consommation qui conduisent à l'endettement des états par accumulation de déficits budgétaires et commerciaux.

Jacques Attali dans une interview au journal le Monde de ce jour précise que les Etats se comportent comme Madoff, signifiant ainsi que nous sommes dans une sorte de cavalerie, une course en avant et plus on arrête tard plus les dégâts (les pertes) seront importants. En outre il balance deux réflexions qui font mouches et qui à mon sens sont des questions de fond : la première concerne la cotation de la France  qui si elle n'est pas menacée aujourd'hui pourrait l'être à moyen terme, la deuxième en verbatim "En Europe, j'enrage de voir que la solution qui s'impose – plus de fédéralisme budgétaire – n'a pas été décidée".

Les choses sont ainsi dites : 
  • La France en 2007 lors des campagnes présidentielles a commencé à toucher du doigt le délicat problème de l'endettement. Chacun a compris qu'il faudrait faire des efforts et finalement peu de gens sont surpris par la situation, ils sont plus surpris par les conséquences qui commencent à se faire ressentir. Notre pays souffre d'être un pays qui consomme plus qu'il ne produit sa balance commerciale bat année après année des records de déficits. En paralèlle nous n'arrivons pas à réduire nos déficits et notre dette. Les investissements d'avenir sont l'une des solutions mais les marges de manoeuvre vont en se réduisant.
  • L'Europe, l'Europe celle là même qui est fustigée dans arrêts parce que personne ne veut aller au bout des choses. L'Europe souffre de deux mots : d'une part des Etats d'autre part de ses Citoyens. Les Etats qui ne veulent plus céder une once de pouvoir et refusent années après années la solution unique et logique qui doit être l'aboutissement de la construction Européenne : le fédéralisme. Les Citoyens qui voient dans l'Europe une énorme machine administrative sur laquelle ils n'ont pas de pouvoirs, car la démocratie européenne est encore à inventer. L'Europe ne peut donc pas gouverner son économie, sa fiscalité et ses réformes sociales.

Les solutions sont en fait relativement simples sur le papier tout du moins. L'Europe a besoin de gouvernement et de démocratie. Il serait encore pitoyable que sous prétexte de la crise cette Europe soit façonnée uniquement par les échanges inter-gouvernementaux. Parce que les citoyens n'ont pas confiance ils ont rejetés le traité constitutionnel qui finalement ménageait encore le chou et la chèvre. Une démocratie européenne passe par le vote. Un vote qui permet in fine d'élire un gouvernement. Un vote qui se déroule le même jour dans l'ensemble de l'Europe avec les mêmes règles pour élire une assemblée et un gouvernement constituant. 


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