Frédéric Mitterrand : une affaire française

La première polémique déclenchée par le Front National contre Frédéric Mitterrand ne m'a pas surprise. C'est bien dans la nature du FN et de sa présidente que de vouloir exister en trainant dans la boue par insinuations et approximations contextuelles et en se présentant en mère vertue.

La réaction du PS fut plus surprenante, elle fut déroutante, dégoutante.

Fréderic Mitterrand, contrairement à un certain Ambiel, ne dément pas, ne se cache pas. Ambiel, vous vous souvenez? Conseilller de Raffarin, il fut laminé d'avoir tenté de faire pression sur des policiers qui l'interpellent en compagnie galante et mineure.

L'affaire Miterrand est d'une toute autre nature : elle est politique. Elle débute avec l'affaire Polanski qui voit l'opinion publique prendre une partie de la classe politique (maladroite) à rebrousse-poil. Pour les défenseurs de la morale c'est du pain béni, et tout comme en 2002, les évènements s'enchainent avec toujours un même message qui s'en dégage l'insécurité : les délinquants sexuels sont des délinquants qui s'en sortent toujours mieux que ce qu'ils devraient, ceux qui sont au pouvoir ne font rien, au contraire, regardez ils sont complices.

L'objectif est donc d'être sur le devant de la scène pro-actif, les autres devant suivre ou réagir.

A quelques mois près il y a fort à parier que la petite incartade de Bayrou à l'encontre de Cohn-Bendit eut fait mouche.

Mais continuons dans cette obscure course médiatique : après l'affaire Polanski, puis le meurtre d'une jeune femme par un récidiviste sexuel. Le débat s'enflamme à nouveau, le gouvernement s'y met, il faut maitriser sa droite et lutter contre l'insécurité. Une nouvelle loi doit encore voir le jour. le piège se referme. Dans les médias on entend même dans un micro-trottoir qu' "il faut rétablir la peine de mort". Les affaires de délits sexuels dérangent l'opinion. Ce sont nos enfants comprenez bien qui sont menacés, la raison s'effondre dans la douleur des victimes, il faut punir plus, pas mieux, mais plus. C'est dans cette ambiance que l'affaire Mitterrand débute.

Mais l'affaire ne s'arrête pas là, maintenant c'est un courrier du même ministre de la culture, soutenant un proche mis en cause dans une affaire de viol qui sort dans la presse.

Là encore objectif de démolition, comme savent le faire nos amis de la politique. Les médias suivent, à fond. Pourquoi publier cette lettre? Pour montrer que la moralité de notre ministre n'est pas bonne.

Depuis bien, bien longtemps, nous avons, enfin, en ministre de la culture qui mérite son titre. Sous Mitterrand, l'oncle, les ministres de la culture tout intelligents qu'ils soient étaient avant tout des politiques qui au niveau culturel n'arrivaient pas à la cheville de tonton. Sous Chirac, il ne me reste pas grand chose d'intéressant en mémoire, sous Sarkozy, je me souviens encore du nom de la ministre, sans intérêt.

Alors que là nous avons l'une des voix les plus marquantes de notre époque, une personnalité cultivée, plutôt franche et honnête, pas sans ambition pour autant.

Je m'étonne que Marine Le Pen ait lu du Frédéric Mitterrand, en fait il y a peu de chance. C'est un tout petit jeu, jeu mesquin, qui vise à mettre sur le devant de la scène des médiocres aux dépends d'un intellectuel cultivé, et qui en cela devient une proie électorale ment efficace. C'est cela une affaire française. Sous couvert de morale, réaliser les plus tristes manœuvres qui soient.

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