Leadership en temps de crise

Pourquoi aujourd'hui un post sur le leadership? Un vague regret de mes cours d'écoles de commerce avec M. Dean who teached us principles of leadership?

Deux raisons essentielles à cela, d'une part le silence fracassant de Sarkozy sur la crise, d'autre part la campagne américaine qui tourne justement autour du leadership des deux candidats dans cette tourmente.

De fait pour Nicolas Sarkozy ne rien dire, ou attendre encore trop longtemps serait une erreur, encore faut-il avoir quelque chose à dire. Dire son impuissance, qui est réelle au demeurant puisque pour l'instant l'essentiel des mesures concerne le système bancaire américain, serait aller à l'encontre de son volontarisme. Nous l'avons tous constaté quand un homme politique, Jospin pour les délocalisations ou Chirac sur l'Europe, montre son impuissance et seulement de l'incompréhension, alors il perd son leadership par la perte de sa "cote" de confiance. Le maître mot doit donc être de rassurer. Eviter la panique, mais surtout faire preuve à la fois de clairvoyance sur la sortie de crise et en même temps donner confiance en donnant la mesure de la crise, une mesure réelle, celle qui est visible par le plus grand nombre.

Nicolas Sarkozy devra donc insister sur la gravité de la crise, expliquer pourquoi les mesures prises sont rassurantes et ce qu'il compte mettre en oeuvre et décrire la sortie de cette crise (dans 12 mois, 18 mois?).

Aux Etats Unis la "crise" du leadership concerne avant tout les deux protagonistes, Mc Cain et Obama qui se disputent allègrement à coup de spots TV, le premier celui de Mc Cain tente d'imprimer dans les mémoires Obama = More Taxes + No Leadership



Sur CNN, toujours, un sondage montre que les responsables de la crise sont aux yeux des américains plutôt les Républicains (47% contre 24% pour les démocrates). Obama ne se prive d'ailleurs pas de pointer du doigt les salaires faramineux de CEO, Chief Executive Officer, de Wall Street qui seront financés par les impôts....

Barack Obama, risposte par un plan économique, précise que cela sera dur, mais que les américains ont déjà su faire face et qu'ensemble ils feront face. Il privilégie les classes moyennes et s'attaque aux profits des compagnies pétrolières pour reverser une prime énergétique de 1000$ aux familles américaines (sous forme d'allégement de taxes). Bref il surfe bien sur la vague du sondage précédent, taper sur les gros et protéger les petits tout en ayant une vision pour sortir de la crise.




Vous l'aurez compris, le leadership est affaire de réputation, dans le cas de Nicolas Sarkozy, sa réputation souffrirait s'il ne fait rien qui soit non pas à la mesure des espérances qu'il suscite mais de la crise qui se profile pour l'économie française. Ses marges de manoeurvre sont relativement faibles, il ne peut que s'appuyer sur les réformes engagées et sur le plan de sauvetage américain qui évitera, espérons le une envolée des taux ce qui pourrait renchérir considérablement le coût de notre dette française. Les mesures qu'il doit annoncer sont relativement simples, renforcer temporairement pour soutenir l'économie les fonds de garantie des emprunts des TPE et PME, il s'agira aussi de s'agiter un peu sur le monde financier et d'aboutir à une régulation plus ferme sur ces marchés, il s'agira aussi peut être de remettre sur la table le niveau des salaires des plus riches, car ce problème nous le vivons en France, mais aussi aux USA, et de fait partout dans le monde.

Dans le cas d'une campagne présidentielle, le sujet est différent, face à la crise vous devez montrer que vous auriez été l'homme de la situation, et, en même temps, montrer que votre adversaire ne fait pas le quart de la moitié d'une patte de fourmi face à votre supposée compétences. Vous devez donc être en empathie avec l'opinion publique (ce qu'à oublier de faire Jospin sur les délocalisations), avoir des idées ambitieuses et habiller vos idées les plus utopistes de données réalistes pour faire vibrer la corde sensible de vos électeurs...

Je ne sais pas trop bien si j'ai retenu quelque chose de mes cours de leadership (à mon très cher ami Rémi de me le souffler lors d'un commentaire), en tout cas, en période de crise trois consignes à respecter pour conserver son leadership :
  • vérité sur la gravité de la crise signifie que vous comprenez cette crise,
  • empathie avec l'opinion, signe que vous aussi êtes préoccupés et partagés une inquiétude
  • et vision de ce qu'il y a à faire pour sortir de la crise pour montrer que vous maîtrisez la situation

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