Mémoires

Nos Pc sont dotés de mémoires de plus en plus vastes, il sstockent , stockent et stockent des milliers, des millions des milliards de données...

Mais ces données n'ont de sens que si elles sont traitées pour nous redonner une information sous forme d'images, de mots, de sons. Quand un Pc lâche, il suffit de transférer les données pour les récupérer ou bien de les stocker dans les nouveaux temples de la mémoire les "Data Centers".

Dans nos mémoires l'information brute ressort déformée par nos sentiments. Savoir qu'il y a eu 20 ou 40 millions de morts n'est en soit qu'une donnée. Mais cette donnée est chargée par la valeur émotionnelle qu'elle génère.

Souvenez vous du 11.09.01 et la charge émotionnelle générée par la diffusion en boucle du premier attentat médiatique.

Venons en à la Shoah, de ce que nous savons collectivement et individuellement. Nous ne pouvons pas appréhender la Shoah dans sa complétude, mais bien dans ce qui s'y est passé, par des chiffres qui certes nous informent de l'ampleur du génocide, mais aussi par les documents, les témoignages, les livres et les films qui nous permettent de ressentir.

Le devoir de mémoire est le propre de l'homme, il sait sa vie mortelle, il sait que l'individu n'est qu'une pièce de ce que nous nommons l'humanité. Conserver une trace pour prolonger l'existence de ceux qui ont disparu, est utile pour le sens que l'homme donne à la vie. C'est aussi un effort collectif pour préserver l'humanité des dangers qu'elle génère. Le devoir de mémoire est utile, mais chaque humain y a une approche différente. Ce devoir est facilité par les religions ou par les dates symboliques. Toussaint, Armistice, Bastille, 8 mai, 1er mai, toutes ces dates permettent de se souvenir et de transmettre la mémoire d'évènements marquants de notre histoire.

Le plus surprenant dans l'affaire de la mémoire de la Shoah provoquée par Sarkozy c'est de vouloir personnaliser la Shoah.
Tout comme il a personnalisé la résistance par la lettre de Guy Moquet. Nicolas Sarkozy joue sur l'émotion du "témoignage" pour rappeler l'histoire.

Même si cela part d'un bon sentiment, lutter contre l'oubli en imposant une mémoire collective par une ou des icônes donne un sens religieux à ce qui devrait être l'Histoire.

Evidemment c'est son rôle de politique que de vouloir sacraliser les actes héroïques des hommes, de vouloir transmettre la lumière aux autres générations.

Mais l'histoire n'est pas la politique, son discours du 14 janvier 2007, "la France c'est" n'était que le prélude de ce qui est prôné aujourd'hui : la France des héros.

Mais quand la politique se mêle d'histoire et surtout de la raconter, alors les conséquences en sont généralement catastrophiques pour la Démocratie.

C'est souvent le retour au nationalisme, comme en Russie avec Poutine qui caresse dans le sens du poil ses compatriotes par mythe de la "Grande Russie Eternelle"

Donner l'impression aux électeurs qu'ils sont des justes, qu'ils détiennent une vérité qu'aucun autre peuple ne détient, est égréable à entendre et efficace politiquement.

Encoce ces derniers jours, les commentaires de François Fillon montrent comment la droite tente de ressouder son camp et de déstabiliser ses opposants. La pétition signée par DDV, Bayrou et Royal et lancée par Marianne "Pour une Vigilance Républicaine" a entraîné des réactions violentes de la part même du premier ministre.

Sur le site du Monde Fillon pousse le ridicule jusqu'à affirmer que le procédé est anti-démocratique : "Cet acharnement que mettent certains responsables politiques qui n'ont pas été élus par les Français (...) à tenter de déstabiliser le président de la République est de mon point de vue profondément choquant et profondément anti-démocratique", a-t-il insisté. "Il faut que tous le monde accepte les règles de la démocratie et les règles de la démocratie, ce sont les élections. Ce sont les Français qui choisissent", a insisté le chef du gouvernement.

Les accusations de fascistes pleuvent donc, ultime insulte. Mais dans la frénésie de propagande (communication), il est indispensable de montrer que vos opposants sont anti-démocratiques, anti-patriotes et ne représentent qu'eux mêmes.

La mémoire de la Shoah, elle demeure, qu'elle soit ou non imposée par une charge aux classes de CM2, dommage cependant que Sarkozy fasse de l'histoire, de la mémoire un outil électoraliste.

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