Pschiit bleu, retour au politique...


Je suis pas très fier de moi, avoir annoncé la défaite de l'équipe de France, dire qu'à nouveau en France ça tourne pas rond, du pessisme pur jus, du Cassandre du défaitisme, bref je suis un casseur de moral. Encore battus par ces maudits anglais, qui l'ont bien mérité au demeurant. C'est mauvais pour le gouvernement,certes ce n'est que du rugby, ce n'est pas le football. Mais cette semaine les manifs seront le seul sujet sérieux le 18 puisque la finale ne mobilisera pas autant les médias que prévu.


J'ai même aperçu que le Sarko était bien seul au match. Il n'y a pas eut cette folie ce soir, pas la même folie qu'à Cardiff ou qu'à Toulouse quand la Marseillaise soufflait un vent de révolte et de passion. Non c'était fort sans plus. Mais voyons le bon côté des choses, puisque la coupe du monde est terminée (presque je sais il reste une finale qui ne nous concerne pas plus que cela et la petite finale pour la gloriole), et bien profitons en pour revenir enfin sur tous les sujets sérieux du moment.

Le premier est sans aucun doute la série de réforme proposée par le gouvernement. De la carte judiciaire à l'immigration en passant par les caisses de sécurité sociale, il y a normalement largement de quoi faire. J'ai oublié Al Gore et le Giec nobellisés en plein Grenelle de l'environnement évidemment on ne peut pas rester insensible. Tant et si bien que toutes ses réformes, tous ses sujets ne nous permettent plus de suivre ce qui se passe. Nous sommes obligé de courir partout. Le test Adn, la franchise sur les médicaments, les Ogm qui ont disparus (en même temps que le nucléaire) des sujets de discorde dans les médias, en fait difficile de se repérer dans ce magma d'informations, de communication de débats tronqués de données approximatives.

D'ailleurs comment voulez vous faire en tant que simple citoyen pour suivre ce qui se passe? Vous lisez la presse bien sûr, presse surabondante, qui exploite trop souvent les communiqués de presse qu'elle reçoit. Faire une enquête n'est pas chose aisée, cela nécessite du temps, et le sujet ne correspond pas forcément à ce qu'attendent les lecteurs. Mais cela est utile. Et parfois au contraire, le sujet semble futile et personne ne veut y aller. Qui attend le communiqué de presse annonçant la rupture ou séparation de Nicolas et Cécilia? La presse. Pourquoi? Pour la même raison que pour notre couple Royal Hollande, des rumeurs, rien que des rumeurs, sauf que... sauf que Royal et Hollande c'était louche et que l'on a bien sentit qu'ils discutaient pas beaucoup ensemble au petit déj...

Sauf que tout le monde sait qu'ils ont eu des moments difficiles, Nicolas l'a dit. Tout le monde sait beaucoup de chose, même les journalistes qui voient les politiques évolués. Mais c'est vrai la chose n'est pas importante, il est préférable de montrer la vie de famille avec de beaux clichés préfabriqués sur commande plutôt que de parler de la souffrance d'un couple, c'est pas bon pour l'image du président de se retrouver seul.

Le Président va-t-il lui aussi faire Pschiit? A force de courir partout ne va-t-il pas oublier l'essentiel qui est de présider? C'est sûr ce sera moins glamour qu'avec Cécilia, mais c'est aussi une opportunité de distraire ensuite la presse sur de nouvelles conquêtes qui seront en une dans Voici...

La grève de jeudi ne sera pas une grève pour demander le retour de Cécilia mais pour marquer le mécontentement face à la réforme de régimes spéciaux. Pas de chance la grève sera peut être dure mais la fonction publique doit déjà travailler plus, alors les régimes spéciaux sont maintenant bien seuls. Evidemment cela pourrait être un mouvement fourre-tout, alliant protestation contre les régimes spéciaux, la carte judiciaire, et la franchise médicale. Mais cela semble difficile car il n'y a pas aujourd'hui d'opposition structurée en dehors de certains députés UMP et membres du gouvernement dont le poids médiatique s'arrête à une phrase choc et un peu de polémiques.

Problème quand même car la franchise médicale est à nouveau une fausse solution. La seule question qui compte pour la sécurité sociale est de savoir ce que nous voulons en faire.

Soit nous décidons que c'est intouchable et nous acceptons son déficit, déficit qui ne pourra que grandir d'abord parce que le nombre d'actifs cotisants par rapport au nombre d'inactifs (et en plus de vieux inactifs qui coutent chers en soins) est toujours plus faible, ensuite parce que les progrès faits chaque années en médecine augmentent l'espérance de vie par des soins nouveaux sophistiqués et là aussi plus couteux.

Soit nous décidons qu'il faut réformer le système même de sécurité sociale à la Française et dans ce cas il faut repenser l'ensemble du système : des prélèvements à l'accès aux soins. Pour y arriver il nous faut des données claires et précises sur les enjeux sinon les réformes ne peuvent pas passer. La franchise telle que présentée ici est à nouveau défavorable pour les plus pauvres et surtout ce n'est qu'une nouvelle approche "comptable".

Bref comme les bleus ce soir le gouvernement cherche l'inspiration, réussit quelques jolis coups, marque quelques points, mais ce n'est pas encore suffisant, la défiance est toujours là, la confiance n'est qu'un vernis, les français sentent bien qu'il y a quelque chose qui cloche mais quoi?

Ce petit quelque chose serait sans doute un problème institutionnel, un petit problème de dialogue, un petit problème de représentation... Et oui, il me semble bien que deux ou trois sujets qui en apparence ne sont pas prioritaires mériteraient un examen un peu plus poussé : la croissance, les institutions et la dette. Ces trois sujets sont en voie d'être étudiés avec la commission Attali, la commission Balladur et le budget Fillon. Oui mais après les "cadeaux fiscaux" et le début rigueur quelles seront les marches de manœuvres avec une croissance amoindrie, la concentration des pouvoirs à l'UMP et le déficit budgétaire et commercial de la France qui mécontent nos partenaires (à part les banques qui nous prêtent bien sûr).

Sarkozy a misé sur l'ouverture pour montrer qu'il dialogue et qu'il tient compte de la représentativité française. Nous verrons prochainement qu'il a verrouillé le pouvoir et qu'il est pour le moment prisonnier de sa stratégie.

Nota : Laporte ne rejoindra pas le gouvernement avant la semaine prochaine il lui faut quand même disputer la petite finale contre, ben tiens pile l'Argentine, face l'Afrique du Sud, c'est pile donc contre l'Argentine.

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